Cette étude met en évidence un nouveau clivage idéologique au sein des jeunes générations. Tandis que les jeunes femmes adoptent des positions plus progressistes, notamment sur l’immigration, les minorités et l’égalité des sexes, les jeunes hommes s’orientent davantage vers des idées conservatrices.
L’écart grandissant entre jeunes femmes et jeunes hommes en matière de satisfaction de vie et de confiance envers autrui éclaire les raisons profondes de ce fossé grandissant. Tandis que la satisfaction des jeunes femmes diminue, portée par une prise de conscience accrue des discriminations et inégalités depuis #MeToo, la méfiance interpersonnelle s’intensifie chez les jeunes hommes, ce qui favorise leur basculement vers des valeurs plus conservatrices.
Ce clivage générationnel et genré pose un enjeu politique et social majeur : comment reconstruire un dialogue dans une jeunesse dont les trajectoires idéologiques et les votes semblent de plus en plus opposés ?
Yann Algan, HEC-Cepremap
Eugénie de Laubier, Cepremap
Publié le 24 mars 2025
Une fracture idéologique grandissante au sein des jeunes générations ?
Dans les démocraties occidentales, un clivage idéologique inédit semble se dessiner parmi les jeunes générations. Tandis que les jeunes femmes affichent une sensibilité majoritairement progressiste, les jeunes hommes, eux, se tournent de plus en plus vers des idées conservatrices. Une série d’études menées en 2024 sous l’impulsion du Financial Times1 met en lumière cette fracture générationnelle, qui ne se limite pas aux valeurs mais s’étend jusqu’aux choix électoraux.
Le phénomène est frappant. En Allemagne, lors des dernières législatives, les jeunes femmes de 18 à 24 ans ont massivement voté pour Die Linke, parti de la gauche radicale, tandis que leurs homologues masculins ont largement soutenu l’AfD, formation d’extrême droite. En France, les élections législatives de 2023 ont révélé une tendance similaire : une jeune femme sur deux a voté pour l’alliance de gauche, un score supérieur de douze points à celui des jeunes hommes. Aux États-Unis, la présidentielle a confirmé cette dynamique : quand les jeunes hommes ont privilégié Donald Trump, les jeunes femmes ont plébiscité Kamala Harris.
Mais cette divergence ne s’arrête pas aux urnes. Elle s’exprime aussi dans les attitudes face à des enjeux cruciaux, tels l’égalité des genres ou la place des minorités dans la société. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, dans son rapport de 20252, tire la sonnette d’alarme : en France, 94 % des jeunes femmes estiment qu’il est aujourd’hui plus difficile d’être une femme qu’un homme, contre 68 % des jeunes hommes – un écart de 26 points. Cette différence de perception tend à s’atténuer avec l’âge : elle chute à 14 points chez les 35-49 ans et tombe à seulement 6 points chez les plus de 65 ans.
Face à ce constat, cette note propose d’explorer en profondeur l’évolution des écarts de valeurs entre les jeunes générations françaises sur une variété de politiques3. À travers l’analyse de la dernière vague de l’European Social Survey (2023), nous retracerons l’évolution des perceptions sur plus de vingt ans, entre 2002 et 2022, en étudiant les attitudes des jeunes sur des thématiques clés : immigration, homosexualité, redistribution des richesses, satisfaction à l’égard de la démocratie ou encore rapport au bonheur.
Encadré : Mesurer le positionnement politique
Dans l’enquête sociale européenne, le positionnement politique est mesuré avec deux questions : un auto-positionnement sur une échelle allant de 0 (très à gauche) à 10 (très à droite), et, dans certaines vagues de l’enquête seulement une question sur le vote aux dernières élections nationales.

En fonction des représentations, l’image renvoyée par les deux échelles peut différer. En France, la revendication historique de « ni gauche, ni droite » du Front National conduit encore de nombreux électeurs du RN à se positionner vers le milieu de l’échelle de 0 à 10 (contrairement, par exemple, aux électeurs d’Éric Zemmour, qui se positionnent très à droite).
Sur l’échelle de temps de cette Note toutefois, les dynamiques observées sont similaires, que l’on considère l’auto-positionnement ou les votes effectifs. Nous utilisons donc par la suite l’auto-positionnement, qui a l’avantage d’être mieux renseigné (en particulier, les personnes qui ne votent pas indiquent souvent en revanche leur positionnement).
L’évolution du positionnement politique des jeunes femmes et des jeunes hommes en France au cours des 20 dernières années
Les données de l’Enquête sociale européenne révèlent un glissement politique global vers la droite en France entre 2002 et 2023 (Figure 1).

Mais derrière cette évolution d’ensemble se dessine une transformation plus profonde, marquée par des fractures générationnelles et de genre, comme l’illustre la Figure 2. Ce basculement politique est principalement porté par deux groupes :
- Les personnes âgées de 40 à 54 ans en 2023, qui ont évolué vers des positions plus conservatrices.
- Les hommes de moins de 40 ans, nettement plus ancrés à droite que ceux de la génération précédente, alors que les jeunes femmes évoluent vers la gauche.

Un contraste saisissant apparaît ainsi au sein des jeunes générations, en particulier à partir des années 2010 : tandis que les jeunes hommes sont devenus plus conservateurs, les jeunes femmes, elles, ont légèrement glissé vers la gauche. En l’espace de vingt ans, l’écart entre hommes et femmes de moins de 40 ans s’est considérablement creusé, marquant une polarisation politique inédite au sein de la jeunesse française.
La Figure 3 met en évidence l’accentuation des divergences politiques entre jeunes hommes et jeunes femmes depuis 2014 sur une échelle d’auto-positionnement politique (échelle de 1 (gauche extrême) à 10 (droite extrême)). Alors que les jeunes hommes s’éloignent progressivement de la gauche radicale – leur proportion passant de 29 % en 2002 à 24 % en 2023 (-5 points) – ils se tournent davantage vers la droite radicale, qui atteint 14 % en 2023 (+7 points).

Chez les jeunes femmes, la dynamique est bien différente. La part de celles qui s’identifient à la gauche radicale est restée élevée, à 32 % en 2023, sans variation significative depuis 2002 (mais en hausse si on centre l’attention sur la période 2010-2023. En revanche, leur adhésion à la droite radicale demeure marginale et stable, à seulement 7 %.
Encadré : Âge et génération
Les graphiques de cette note combinent des effets d’âge et de génération. Même si l’ESS ne suit pas les mêmes personnes au fil du temps (ce n’est pas un panel), chaque tranche d’âge se veut représentative de sa génération. Sur une échelle de 20 ans, on a ainsi un passage important d’une catégorie d’âge à l’autre.
Ainsi, sur la Figure ci-dessous, une femme 30 ans en 2002 aura 53 ans en 2023. Le mouvement d’une génération se lit donc en se déplaçant d’abord horizontalement avec le temps, puis verticalement, ce que résument les flèches noires. En simplifiant, on peut ainsi lire que les femmes qui avaient moins de 40 ans en 2002 sont plus à droite en 2023 qu’elles ne l’étaient en 2002, avec un écart moyen de 0,4 points sur l’échelle de 0 à 10.

La double flèche verte représente l’écart entre générations : les femmes entre 40 et 54 ans en 2023 sont en moyenne plus à droite que celles qui avaient cet âge en 2002, avec un écart de 0.2 points.
Chacun pour soi : défiance à l’égard de la redistribution
Depuis 2002, l’acceptation de la redistribution des revenus a globalement diminué en France. Le soutien aux politiques de redistribution, entendues comme les actions de l’État pour réduire les inégalités de revenu, constitue un élément central de l’identité politique de gauche.
Entre 2002 et 2023, ce soutien a diminué en France : la part de personnes « tout à fait d’accord » avec les politiques de redistribution est passé de 47 % à 34% sur cette période.
Ainsi que l’illustre la Figure 4, cette diminution est particulièrement notable chez les jeunes hommes et chez les jeunes femmes entre 2002 et 20234. En effet, les hommes de moins de 40 ans, qui ne sont plus que 26 % à soutenir fortement la redistribution (-11 points par rapport à 2002). Dans le même temps, la baisse chez les femmes de moins de 40 ans a été de 20 points, et ce à partir d’un niveau de départ plus élevé (53%).

La baisse du soutien à la redistribution reflète-t-elle un sentiment d’inefficacité des politiques publiques à améliorer les services publics5, notamment l’éducation ? Ou que le poids fiscal est devenu trop important ? En France, la satisfaction à l’égard de l’éducation a diminué dans toutes les classes d’âge depuis 2002 (Figure 5). À la question « Que pensez-vous de l’état de l’éducation aujourd’hui en France ? », la part des répondants attribuant une note supérieure à 7 (sur une échelle de 0 à 10, de « extrêmement mauvais » à « extrêmement bon ») a reculé. Cette baisse est particulièrement prononcée chez les femmes de moins de 40 ans, avec une diminution de 10 points.

Immigration, homosexualité, solidarité : des sujets clivants
Immigration
Au cours des vingt-trois dernières années, la perception de l’immigration en France s’est globalement améliorée. À la question : « Pensez-vous que la vie culturelle du pays est enrichie ou menacée par les immigrants ? », la part des réponses supérieures à 6 – indiquant une perception plus positive de l’immigration – est passée de 44 % en 2002 à 56 % en 2023 (Figure 6).

Cette évolution peut sembler paradoxale face à l’omniprésence d’un discours politique et médiatique présentant l’immigration comme une menace. Peut-être que nous ne captons pas l’évolution récente des perceptions au cours des deux dernières années ou que la formulation des questions sur l’immigration dans l’ESS sont trop généralistes et capturent la tolérance en général6.
Homosexualité
Depuis 2002, la tolérance envers l’homosexualité a globalement progressé en France (Figure 7). La part de la population approuvant l’affirmation « Les homosexuels doivent être libres de vivre comme ils l’entendent » a augmenté dans toutes les tranches d’âge… à une exception près : les jeunes hommes de moins de 40 ans.

Contrairement à la dynamique générale, leur soutien aux droits des personnes homosexuelles a reculé, passant de 89 % en 2002 à 85 % en 2023. Ce revirement s’inscrit dans une tendance plus large : la montée du masculinisme en France. Les jeunes hommes expriment de plus en plus un sentiment de marginalisation et adhèrent davantage aux stéréotypes de genre.
Les chiffres sont révélateurs. Selon le rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) du 22 janvier 2025, parmi les hommes de moins de 35 ans : 67 % estiment qu’un homme doit être sportif, 53 % considèrent qu’il doit savoir se battre, 46 % pensent qu’il ne doit pas montrer ses émotions.
De même selon l’édition 2024 de l’étude Fractures Françaises7 de l’Institut Jean Jaurès, 29 % des hommes de moins de 23 ans estiment que l’égalité entre les sexes est allée trop loin.
Une fracture grandissante dans les valeurs de tolérance et d’altruisme
Les divergences d’opinion entre jeunes femmes et jeunes hommes sur des sujets comme l’immigration ou l’homosexualité s’expliquent en grande partie par l’évolution contrastée de deux valeurs fondamentales : l’ouverture à la différence et l’altruisme. En 2023, ces écarts se sont creusés de manière significative entre les genres (Figure 8).

Les jeunes femmes accordent une importance croissante à la compréhension des personnes différentes d’elles, tout en manifestant un souci plus marqué pour le bien-être d’autrui. À l’inverse, les jeunes hommes semblent moins enclins à intégrer ces préoccupations dans leur vision du monde.
Ce fossé générationnel a commencé à se creuser il y a moins de six ans, dans le sillage du mouvement #MeToo, mais il dépasse aujourd’hui largement cette seule question. L’influence des réseaux sociaux semble aussi jouer un rôle clé dans cette polarisation croissante selon des études récentes8.
La véritable nouveauté réside dans l’évolution des jeunes femmes de 2023, qui affichent une vision nettement plus favorable à l’immigration et aux droits des personnes homosexuelles. Cette tendance s’explique par une montée des valeurs de solidarité et d’inclusion, qui constituent un marqueur fort de l’identité politique de gauche. À l’inverse, les jeunes hommes empruntent une trajectoire opposée, adoptant des positions plus conservatrices sur ces enjeux. Ce repli s’inscrit dans un contexte plus large de droitisation de la population masculine, marquant un tournant idéologique au sein des jeunes générations.
Insatisfaction dans la vie et défiance
L’évolution contrastée de la satisfaction dans la vie et de la confiance envers autrui entre les jeunes femmes et les jeunes hommes éclaire les raisons profondes de ce fossé grandissant dans les valeurs.
L’insatisfaction des jeunes femmes
Les données révèlent une corrélation claire entre satisfaction de vie et positionnement politique : plus une personne se déclare satisfaite (score supérieur à 7 sur une échelle de 0 à 10), plus elle a tendance à voter à droite.
Or, entre 2002 et 2023, la part des Français se déclarant satisfaits de leur vie est passée de 41 % à 45 %, contribuant ainsi, en partie, au glissement global vers la droite observé ces dernières années.
Comme l’illustre la Figure 9, cette augmentation de la satisfaction touche la quasi-totalité des groupes d’âge et de genre, bien que des nuances importantes apparaissent selon la génération et la classe d’âge :
- À l’échelle générationnelle, les tendances confirment un schéma bien connu : les jeunes affichent les niveaux de satisfaction les plus élevés, qui diminuent entre 40 et 55 ans avant de remonter ensuite.
- À l’échelle des classes d’âge, toutes connaissent une amélioration du bien-être entre 2002 et 2023
- Une exception importante: les jeunes femmes. Contrairement aux autres groupes, elles se déclarent légèrement moins satisfaites que leurs homologues de 2002, ce qui peut expliquer leur positionnement politique plus à gauche par rapport au reste de la population.

Pourquoi les jeunes femmes ne suivent-elles pas la même trajectoire ?
Si les facteurs d’amélioration du bien-être ont bénéficié à l’ensemble de la population, ils semblent avoir été neutralisés chez les jeunes femmes. L’une des explications majeures réside dans une prise de conscience accrue des violences sexistes et sexuelles dont elles sont les premières victimes.
Depuis le mouvement #MeToo en 2017, la perception du caractère systémique de ces violences a profondément évolué. Si les générations précédentes de femmes y étaient également exposées, la différence majeure réside dans une conscience collective accrue de l’ampleur du phénomène et de son impact sur les carrières et les trajectoires de vie.
Cette évolution se traduit par des perceptions d’inégalités et d’injustice persistantes, comme le montre la Figure 10 :
- Les jeunes femmes signalent plus fréquemment des traitements injustes dans le cadre médical que le reste de la population.
- Entre 25 et 30% des femmes déclarent avoir été victimes de discriminations dans leur carrière.

Ces inégalités structurelles, désormais mieux identifiées et dénoncées, semblent constituer un frein à l’amélioration du bien-être des jeunes femmes, les maintenant dans une perception plus critique de leur environnement social et professionnel.
Enfin, en 2023, les jeunes femmes sont particulièrement exposées au sentiment d’insécurité lorsqu’elles se déplacent dans l’espace public. Ce ressenti s’est intensifié, touchant désormais près d’une sur deux (45 %) (Figure 11).

La défiance des jeunes hommes envers les autres
Dans « Les Origines du populisme » avec Daniel Cohen9, nous montrions l’apparition d’une nouvelle polarité entre les confiants et les méfiants envers autrui. La droite populiste se nourrit de la défiance non seulement vis-à-vis des immigrés mais de la société en général. Or si la défiance interpersonnelle a globalement reculé au sein de toutes les générations depuis 2002, une exception notable concerne les jeunes hommes de moins de 40 ans, dont la méfiance a augmenté, passant de 29 % en 2002 à 32 % en 2023. À l’inverse, les femmes de cette même tranche d’âge sont de moins en moins défiantes, avec une baisse de 10 points de pourcentage depuis 2015 (de 35% à 25% de défiance).

Ce contraste peut expliquer en partie le positionnement politique plus à droite des jeunes hommes. Toutefois, cette différence de perception tend à s’estomper avec l’âge. Dans les autres tranches d’âge, les niveaux de confiance entre hommes et femmes s’équilibrent progressivement. Une particularité se dessine néanmoins chez les femmes de plus de 55 ans, qui affichent un degré de défiance légèrement supérieur à celui de leurs homologues masculins.
Les jeunes plus confiants envers les institutions que les autres générations
Seul point commun entre les jeunes femmes et les jeunes hommes en France : leur plus grande confiance dans les institutions. En 2023, les jeunes de moins de 40 ans affichent un niveau de confiance supérieur aux autres générations vis-à-vis des institutions en France. Cette tendance est particulièrement marquée chez les jeunes femmes, dont la confiance est constamment restée au-dessus de la moyenne nationale entre 2002 et 2023 (Figure 13).

Au fil des années, cette dynamique s’est accentuée, avec une perception plus positive des autorités publiques, des institutions politiques et internationales comme l’ONU.
Par ailleurs, les jeunes générations se distinguent par un soutien plus affirmé à l’unification européenne. En 2023, 50 % des jeunes hommes et des jeunes femmes se déclaraient favorables à cette intégration, soit une progression notable par rapport à leurs homologues de 2002 (Figure 14).

Selon l’INJEP, les jeunes se perçoivent de plus en plus comme des citoyens européens. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : L’essor de programmes comme Erasmus+, qui favorisent la mobilité et les échanges culturels ; L’adhésion aux valeurs européennes, notamment la paix, la démocratie et les droits de l’homme, qui renforcent leur confiance envers l’Union européenne. Cette association positive contribue à façonner une jeunesse plus engagée et tournée vers l’Europe, consolidant ainsi un socle générationnel favorable à l’intégration européenne10.
Bibliographie
Algan, Y., Beasley, E., Cohen, D., Foucault, M.,2019,Les origines du populisme, Eds du Seuil.
Boittiaux, P., 2017, Infographie: L’UE vue par les jeunes Européens, Statista Daily Data https://fr.statista.com/infographie/9303/lue-vue-par-les-jeunes-europeens (consulté le 10 mars 2025).
Burn-Murdoch, J., 2024, A new global gender divide is emerging, Financial Times https://www.ft.com/content/29fd9b5c-2f35-41bf-9d4c-994db4e12998.
Dagnaud, M., & Grunberg, G., 2024, Mythe contre mythe : la droitisation selon Tiberj, Telos https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/mythe-contre-mythe-la-droitisation-selon-tiberj.html.
Galand, O., & Lazard, M., 2022, Une jeunesse plurielle, Institut Montaigne https://www.institutmontaigne.org/publications/une-jeunesse-plurielle-enquete-aupres-des-18-24-ans
HCE, 2025, État du sexisme en France – À l’heure de la polarisation, Paris https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hce-sexisme_polarisation_etat_des_lieux_sexisme-vf.pdf.
Teinturier, B., Latrille, P., Gallard, M. et Lamotte, D., 2024, Fractures Françaises, Paris https://www.jean-jaures.org/wp-content/uploads/2024/12/Fractures_francaises_2024.pdf.
Tiberj, V., 2024, La droitisation française, Mythes ou Réalités, Hors collection, Sociologie et Sciences de l’éducation.
- John Burn-Murdoch, ‘A New Global Gender Divide Is Emerging’, Financial Times, 26 January 2024.
- HCE, État du sexisme en France – À l’heure de la polarisation (Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, 22 janvier 2025).
Dans une note récente, Olivier Galand et Marc Lazard soulignaient déjà l’écart de valeurs entre les jeunes femmes et les jeunes hommes. Nous proposons une approche complémentaire en étudiant les changements au cours du temps et le fossé grandissant entre ces deux groupes (Olivier Galland and Marc Lazar, Une Jeunesse Plurielle, Institut Montaigne, février 2022.).- Nous évaluons l’acceptabilité de la redistribution à travers la question : « Le gouvernement devrait réduire les écarts de revenus. » Nous identifions le pourcentage de personnes se déclarant « Très d’accord » avec cette affirmation.
- Si ces inégalités n’explosent pas, la tendance à leur diminution s’est inversée. Alors qu’entre 1970 et 1990, les écarts de revenus se resserraient, ils augmentent depuis la fin des années 1990. Selon l’INSEE, 2021 et 2022 figurent parmi les années les plus inégalitaires des dernières décennies, malgré des mesures post-covid de protection des revenus modestes comme le chèque énergie.
- Voir sur cette question le débat entre Vincent Tiberj (Vincent Tiberj, La Droitisation Française, Mythes Ou Réalités, Hors Collection (PUF, 2024) <>. et Monique Dagnaud et Gérard Grunberg, Monique Dagnaud and Gérard Grunberg, ‘Mythe Contre Mythe: La Droitisation Selon Tiberj’, Telos, 12 October 2024
- Brice Teinturier and others, Fractures Françaises, Fractures Françaises (IFOP pourv Jean Jaurès, Le Monde, Institut Montaigne et SciencesPo, November 2024).
- Selon les études de John Burn-Murdoch, éditorialiste au Financial Times, les jeunes hommes évoluent de plus en plus dans des sphères numériques où prédominent le ressentiment envers les féministes, les étrangers ou les classes défavorisées, alors que les jeunes femmes, de leur côté, sont exposées à des contenus mettant en avant les inégalités sociales et les dynamiques de domination. Cette divergence dans les environnements informationnels contribuerait à amplifier les clivages idéologiques au sein de la jeune génération.
- Yann Algan et al., Les origines du populisme : enquête sur un schisme politique et social (Seuil, 2019).
- Boittiaux, P., 2017, Infographie: L’UE vue par les jeunes Européens, Statista Daily Data (consulté le 10 mars 2025).